Renforcer la satisfaction médicale

08 Juin 2020

Médecins


Image de couverture de: Renforcer la satisfaction médicale

L’accès grandissant au numérique et la crise sanitaire du COVID-19 ont fait bondir les téléconsultations sur l’ensemble du territoire. Si la télémédecine facilite la communication entre le médecin et son patient afin de limiter les consultations présentielles dans un contexte de pandémie, elle se révèle aussi un atout dans l’accès aux soins et la réduction des coûts de la santé.

 

Désormais reconnue, la téléconsultation permet d’améliorer l’offre de soins des patients à travers un meilleur suivi, surtout pour les plus isolés géographiquement ou ceux ayant des difficultés à se déplacer.

L’OMS encourage le déploiement de la télémédecine⁽¹⁾

Dans ses derniers rapports annuels, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ne cesse d’encourager la mise en place de la télémédecine – et en particulier de la téléconsultation – pour les professionnels de santé, surtout lorsque l’éloignement est un facteur déterminant.

 

En effet, elle présente de nombreux avantages, de la diminution des délais de prise en charge à l’amélioration de l’accès aux soins. Les téléconsultations permettent de réduire les coûts, le recours aux urgences et participent à la prévention d’éventuelles hospitalisations.

Comment améliorer le suivi des patients grâce à la téléconsultation ?

De nombreuses études ont été réalisées sur les bénéfices de la téléconsultation en réponse à de multiples pathologies. Dans l’exemple du suivi de maladies chroniques comme le diabète, la comparaison des effets d’un suivi en téléconsultation sur l’hémoglobine glyquée⁽²⁾ a permis de mettre en évidence une réduction significative, y compris lors d’un suivi court. Cet exemple s’applique à d’autres pathologies nécessitant un suivi régulier avec un monitoring des constantes et des symptômes comme l’hypertension artérielle, la fibromyalgie ou certaines pathologies respiratoires ou cardiaques chroniques.

 

Le suivi en téléconsultation de patients atteints de maladies psychiatriques présente également un réel intérêt, en particulier pour les plus isolés comme les agoraphobes. Dans une méta-analyse⁽³⁾ incluant 134 articles, les soignants révèlent une fiabilité identique pour le diagnostic et les interventions thérapeutiques (prescription et adaptation du traitement médicamenteux, entretien de psychothérapie cognitive et comportementale) par rapport à celle de rendez-vous traditionnels en présentiel. L’observance semble aussi améliorée sur le long terme, avec une diminution de près de 25 % du nombre de consultations aux urgences.

 

Avec la réduction des temps d’hospitalisation lors d’une intervention chirurgicale et le développement de la chirurgie ambulatoire, le suivi post-opératoire se développe dans les cabinets de médecine générale. Là encore, certaines études⁽⁴⁾ démontrent l’intérêt de la téléconsultation pour réduire les complications et optimiser le temps médical du chirurgien.

 

En cette période de crise sanitaire, la téléconsultation assure donc un suivi de qualité aux patients, et ce quelle que soit leur pathologie. En évitant d’engorger les salles d’attente et d’augmenter de facto les risques de contamination, elle participe à rassurer et à satisfaire une patientèle confrontée à un contexte anxiogène.

 

 

Source :

1. OMS. Telemedicine: opportunities and developments in Member States. Disponible sur : https://www.who.int/goe/publications/goe_telemedicine_2010.pdf

2. Lee SWH, Chan CKY, Chua SS, Chaiyakunapruk N. Comparative effectiveness of telemedicine strategies on type 2 diabetes management: A systematic review and network meta-analysis. Sci Rep. 2017;7(1):12680. Published 2017 Oct 4. doi:10.1038/s41598-017-12987-z

3. Hubley S, Lynch SB, Schneck C, Thomas M, Shore J. Review of key telepsychiatry outcomes. World J Psychiatry. 2016;6(2):269‐282. Published 2016 Jun 22. doi:10.5498/wjp.v6.i2.269

4. Hwa K, Wren SM. Telehealth follow-up in lieu of postoperative clinic visit for ambulatory surgery: results of a pilot program. JAMA Surg. 2013;148(9):823‐827. doi:10.1001/jamasurg.2013.2672