La téléexpertise, une nouvelle pratique pour faciliter l’accès à des spécialistes de santé

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Démographie médicale en berne, délais de prise de rendez-vous accrus (temps moyen d’obtention de rendez-vous de 50 jours pour un cardiologue et de 80 jours pour un ophtalmologiste, selon une étude de la DREES), hospitalisations en hausse sur les territoires, etc. L’accès aux soins se complexifie, surtout auprès d’un spécialiste. Pour y remédier, la téléexpertise permet aux professionnels de santé d’accéder directement et rapidement à l’avis d’un expert.

Palier le renoncement aux soins dans les déserts médicaux 

L’e-santé répond à un enjeu clé d’amélioration de l’organisation du système de santé et d’accès aux soins au sein des territoires. Une étude réalisée en juin 2022 (ViaVoice pour Essentiel Santé Magazine) montre que 42 % des Français ont dû renoncer à un rendez-vous chez un médecin spécialiste et 25 % d’entre eux déclarent l’avoir fait « plusieurs fois ». Parmi les raisons évoquées, 30 % des interrogés indiquent qu’ils ne sont pas parvenus à trouver un spécialiste disponible. 

Face à ces difficultés, la télémédecine apporte des solutions et la téléexpertise s’avère prometteuse. Elle permet à un professionnel de santé, dit “requérant”, de solliciter à distance l’avis d’un confrère “requis” ayant une compétence particulière, pour compléter l’analyse de la situation médicale d’un patient. 

Un accès aux spécialistes de santé facilité au sein d’un territoire

Les professionnels de santé peuvent requérir une téléexpertise, quel que soit leur secteur d’exercice, en ville ou en établissement de santé (cabinet de ville, maison de santé, centre de santé, Ehpad, hôpital, clinique, etc.).

Certains cas d’usage de cette nouvelle pratique semblent particulièrement prometteurs : 

– La téléophtalmologie permet d’obtenir l’avis d’un ophtalmologue à distance suite, par exemple, à l’envoi sécurisé d’une imagerie concernant une lésion oculaire. Le spécisliste peut ainsi confirmer ou non la suspicion d’une pathologie nécessitant une consultation présentielle. Elle permet d’identifier rapidement les patients présentant des risques et de les orienter vers une évaluation plus poussée ;

– La téléradiologie permet d’interpréter les images à distance et en urgence afin d’unir les moyens d’un territoire pour assurer la permanence des soins en radiologie ;

– La télédermatologie peut consister à télétransmettre des images de dermatoscope des lésions suspectes au dermatologue requis, qui lui permettront de différencier les lésions cutanées malignes des lésions bénignes et de déterminer la nécessité d’une consultation physique ou d’une biopsie ;

– La télécardiologie permet, par exemple, d’obtenir l’aide d’un médecin cardiologue à distance pour l’analyse et l’interprétation d’un électrocardiogramme ou pour déterminer si une situation nécessite une prise en charge urgente et vitale pour le patient.

Le recours à la téléexpertise facilite l’accès aux examens pour les patients, et ce, quel que soit leur lieu de résidence. Il peut réduire les délais de prise en charge, assurer la continuité et la permanence des soins, améliorer la coopération et le partage de connaissances entre professionnels de santé. Son usage, multiplié par 4 entre 2020 et 2022 (passant de 4 200 actes en 2020 à plus de 18 000 entre janvier et août 2022, selon l’Assurance Maladie) doit continuer à se démocratiser auprès des professionnels de santé pour devenir un véritable réflexe de pratique médicale.