Professionnel de santé ?

Téléexpertise : les kinés et podologues peuvent être requérants

La téléexpertise est un atout crucial de la télémédecine. Non seulement elle favorise une prise en charge optimisée et accélérée des patients, mais elle remédie également aux problématiques d’accès aux spécialistes, particulièrement dans les déserts médicaux ou pour des pathologies nécessitant des avis pointus. Ayant déjà fait ses preuves pour renforcer le lien entre les médecins généralistes et les spécialistes, elle s’ouvre à présent à d’autres professionnels de santé, en particulier aux kinésithérapeutes et aux podologues.

Les évolutions réglementaires récentes

La signature de l’avenant 5(1) à la Convention nationale des Pédicures-Podologues et de l’avenant 7(2) pour les Masseurs-Kinésithérapeutes ouvre la voie à la téléexpertise pour ces professionnels avec une entrée en vigueur en mars 2024. Marquant ainsi une étape décisive dans la reconnaissance de leur rôle dans le parcours de soins, ces évolutions réglementaires ouvrent la voie à une rémunération.

Si jusqu’à présent les sages-femmes, les orthophonistes et les infirmiers bénéficiaient déjà de cet accès, l’Assurance Maladie encourage clairement le déploiement de la télésanté avec l’élargissement à ces deux autres professions. Les conditions de réalisation et de facturation de la téléexpertise sont clairement définies dans les conventions nationales pour garantir la qualité et la sécurité des soins mais surtout leur intégration dans l’organisation et le parcours de soins coordonné du patient.

L’élargissement de la portée de la téléexpertise

La possibilité pour les kinésithérapeutes et les podologues d’être requérants en téléexpertise témoigne de la volonté d’adapter les pratiques médicales aux enjeux contemporains. Cette ouverture illustre ainsi l’orientation de notre système de soins vers une approche plus globale qui intègre les compétences spécifiques de ces professionnels dans le parcours de soins. C’est aussi l’opportunité de pallier les manques dans les zones à faible densité médicale et d’enrichir la prise en charge du patient.

En pratique, le recours à la téléexpertise est apprécié au cas par cas par le kinésithérapeute ou le podologue requérant l’avis d’un médecin. Tous les patients peuvent ainsi en bénéficier, après avoir donné leur consentement éclairé.

L’utilisation d’une plateforme comme Medaviz permet de mettre en relation le kinésithérapeute ou le podologue requérant avec un médecin, en toute confidentialité et sécurité, et en assurant la traçabilité des actes. Fort de ses 15 réseaux nationaux dans différentes spécialités, Medaviz peut vous aider à trouver un confrère si vous exercez en zone sous-dense ou que vous n’avez pas de correspondant local ou d’organisation territoriale constituée autour de vous.

Du côté de la rémunération, pour chaque téléexpertise, le podologue ou le kinésithérapeute requérant cote un acte RQD rémunéré 10 € par avis (11 € dans les départements d’Outre-mer et Mayotte) dans la limite de deux avis par podologue pour un même patient par an.  

Exemples de cas pratiques

En tant que kinésithérapeute, vous êtes susceptible d’accompagner un patient qui souffre d’une blessure sportive rare. Grâce à la téléexpertise, vous consultez à distance un médecin orthopédiste avec qui vous partagez l’imagerie et l’évolution clinique que vous avez constatée. Sa réponse vous permet d’élaborer un plan de rééducation personnalisé et adapté à la problématique de votre patient.

En tant que podologue, vous observez un cas complexe de pied diabétique chez un patient. En sollicitant l’avis d’un endocrinologue et d’un dermatologue via la téléexpertise, vous permettez une évaluation pluridisciplinaire qui aboutit à un plan de soin optimisé pour limiter les complications sévères et améliorer la qualité de vie de votre patient.

En savoir plus : https://www.medaviz.com/la-teleexpertise-comment-ca-marche/

(1) Avenant 5 : Les avenants à la convention nationale des pédicures-podologues

(2) Avenant 7 : un accord clé qui conforte le rôle essentiel de la profession dans le système de santé