Professionnel de santé ?

Seuls face aux patients, découvrez l’épisode 3 de la mini-série inédite sur les déserts médicaux

La série documentaire “Seuls face aux patients” donne la parole aux personnes travaillant dans des zones sous-dotées en ressource médicale. Des médecins, une infirmière, un maire nous ont parlé de leur quotidien face à une situation qui concerne tous les territoires.

Nous sommes partis à la rencontre du Docteur Van Melkebeke, Pédiatre à Plouguernével (22), zone sous-dotée en ressource médicale. Dans cet épisode, il nous parle des nouveaux modèles d’installation, de la problématique du remplacement des médecins qui partent à la retraite, et d’une patientèle vieillissante qui nécessite beaucoup de temps de soin. “Il ne suffit pas de remplacer un médecin partant par un arrivant, il faut en moyenne 2 nouveaux pour un ancien.”

On termine généralement des journées de travail vers 20h30, 21h 30 en hiver, ça peut s’approcher de 23h à 23h30. On a de longues journées…

Je m’appelle Eric Van Melkebeke. Je suis pédiatre et je travaille à Plouguernével Rostrenen, une petite ville rurale de 3500 habitants.

Pour un renouvellement, il faut s’y prendre trois ou quatre semaines à l’avance parce que sinon, on n’a pas de rendez-vous chez le collègue généraliste. Pour les urgences on n’a pas des journées à rallonge, donc ça peut être compliqué…

Il n’y aura plus de médecin dans toutes les communes de France. D’abord parce qu’on ne va pas former suffisamment de médecins. Ensuite, c’est qu’on ne va plus encourager les jeunes médecins à s’installer tout seul dans un bled entre parenthèse.

On ne veut pas que la génération prochaine soit comme les générations passées. Le futur médecin a droit à une vie de famille. Il faut donc créer les conditions pour que les médecins puissent travailler ensemble dans un groupement ou une coordination quelconque. Et de faire en sorte qu’il y ait suffisamment de médecins pour remplir tous les postes qui sont à remplir.

Et là, il ne suffit pas aujourd’hui de remplacer un partant par un arrivant. Il faut en moyenne au moins deux nouveaux pour un ancien qui part. Le nombre de patients chronique augmente d’année en année, de personnes âgées polypathologiques.

L’abattage de consultations qu’on pouvait faire il y a quinze ans ou vingt ans n’est plus possible aujourd’hui, ne sera plus possible demain. Il faut du temps pour s’occuper de quelqu’un qui est diabétique et hypertendu et en insuffisance cardiaque et éventuellement fait de l’asthme.

Si on ne peut pas recevoir les gens, on les prend au moins au téléphone. Donc sur une journée on passe quand même pas mal de temps au bout du fil pour rassurer les gens ou au contraire les orienter.

Je pense que faire connaître notre territoire, la qualité de vie et les qualités du territoire, c’est beaucoup plus important que de donner des primes aux gens pour s’installer.

En 2021, 10% de la population française n’avait plus de médecin traitant.

Medaviz agit au quotidien pour faciliter l’accès aux soins pour tous et sur tous les territoires.

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