Seuls face aux patients, découvrez l'épisode 2 de la mini-série inédite sur les déserts médicaux

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La série documentaire “Seuls face aux patients” donne la parole aux personnes travaillant dans des zones sous-dotées en ressource médicale. Des médecins, une infirmière, un maire nous ont parlé de leur quotidien face à une situation qui concerne tous les territoires.

Nous sommes partis à la rencontre du Docteur Le Gouallec, Médecin Généraliste à Naizin (56), zone sous-dotée en ressource médicale. Dans cet épisode, il nous parle de ses journées bien remplies, ses difficultés, ainsi que les liens qu’il a noué avec ses patients.

Je travaille tout seul dans mon cabinet. Je travaille énormément, beaucoup d’heures.
Je me suis installé le 27 septembre 1976 à Naizin. Je n’ai pas envie de partir en retraite malgré mes 71 ans. Je me trouve bien avec mes patients. Je partirai seulement s’il y a quelqu’un.
Je commence le lundi matin à 8 h et tous les jours, je ne rentre jamais de mes visites avant 23h, minuit, parfois 1h du matin. J’ai fini mes consultations ce vendredi à 00h15 au cabinet .

Par moment, c’est dur, on fatigue un peu. Comme je ne trouve pas de remplaçant, je n’en cherche même plus. C’est impossible à trouver. Je prends des vacances très brèves, 1 semaine de temps en temps.

C’est incroyable le boulot que l’on fait. Les gens ne nous croient pas.
Maintenant, ma belle-fille, qui est secrétaire médicale à Pontivy, vient m’aider le vendredi. Quand elle a vu la quantité de travail, elle m’a dit qu’elle comprenait pourquoi je n’y arrivais pas. Je travaille tout le temps, je ne fais que ça.

Mes patients viennent essentiellement de Naizin, mais il y en a qui viennent de loin.
J’ai une patientèle d’environ 1800/1900 patients. J’accepte tous les gens qui viennent. J’estime que nous sommes là pour soigner les gens qui sont malades.

Certains vont directement à l’hôpital. Je leur dis de ne pas faire ça, de venir chez moi à n’importe quelle heure, n’importe quand. C’est toujours 25 €. Qu’il soit 22h, 23h ou minuit, c’est toujours 25 €. Vous allez à l’hôpital, la moindre chose dans la journée, c’est 100€. Je leur dis “Ne faites pas ça.” Ça coûte cher à la société. Ça ne sert à rien. Je vais faire la même chose et beaucoup plus rapidement.