Le recours à l’intelligence artificielle se développe dans de nombreux secteurs, dont celui de la santé. Loin de se substituer aux médecins, l’IA apparaît comme une réelle opportunité pour vous faire gagner du temps et ainsi conserver une relation de qualité avec vos patients.
Nous vous proposons une clarification sur le rôle de l’IA dans la médecine et vous expliquons pourquoi l’intelligence artificielle ne vous remplacera pas !
L’IA en médecine : de quoi parle-t-on vraiment ?
L’IA en santé englobe l’ensemble des dispositifs informatiques permettant de recourir à des bases de données considérables pour améliorer la qualité des soins. En combinant logique et accès au big data, l’IA vous fournit un accompagnement à la prise en charge médicale, en particulier dans les domaines suivants :
- Médecine prédictive,
- Médecine de précision adaptée aux individus,
- Aide à la décision,
- Robots compagnons pour les populations vulnérables,
- Chirurgie assistée par ordinateur,
- Imagerie médicale,
- Prévention des épidémies et pharmacovigilance1.
Loin de remplacer les médecins, l’IA s’impose comme un outil à votre service.
Pourquoi l’IA ne remplacera pas les médecins : 3 raisons
1. La relation humaine reste au cœur du soin
Selon l’OMS, la bonne observance au traitement, facteur clé des prises en charge médicales, fait défaut dans 50% des cas2. Les patients atteints de maladies chroniques, qui doivent être autonomes dans la gestion de leur traitement, sont particulièrement concernés.
On notera par exemple que moins de la moitié des patients souffrant d’hypertension continue à suivre son traitement cinq ans après son instauration. Cela induit des hospitalisations évitables, des complications ainsi qu’une aggravation des pathologies.
En ayant recours à l’IA pour faciliter certaines tâches du quotidien, vous vous réappropriez du temps avec et pour le patient. Cet espace d’écoute et de communication permet de manifester l’empathie nécessaire à une relation de confiance.
Le bénéfice est bilatéral :
- La santé du patient est améliorée par l’observance du traitement et par le sentiment d’être écouté,
- Vous retrouvez du sens dans votre travail ainsi qu’une bonne qualité de vie professionnelle3, comme le favorise aussi la “slow” médecine.

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2. Le raisonnement clinique ne se limite pas à des données
Si l’IA donne accès à un grand nombre de données en un temps record, certains éléments, liés à la relation humaine, lui restent inaccessibles. Lors de l’entretien avec le patient, le médecin prend en compte des facteurs tels que :
- Les comorbidités,
- Le contexte psychosocial,
- La réalité des situations médicales qui peuvent s’avérer complexes.
L’ensemble de ces éléments, contingent à chaque individu, fait que toute prise en charge est unique. Les algorithmes utilisent des données globales pour une réponse standardisée.
En tant que médecin, vous basez votre intuition clinique sur des éléments factuels, mais aussi sur le langage non verbal du patient, un regard, un silence ou la connaissance de son environnement personnel. Votre interaction avec le patient, l’empathie et l’intérêt que vous lui manifestez sont adaptés en fonction de ce que vous observez.
3. Les limites de l’intelligence artificielle en santé
Outre cette dimension humaine, l’IA présente actuellement des limites4 :
- Dans le cas de l’IA prédictive, il peut être difficile d’accéder à la logique utilisée, et donc d’avoir confiance dans les conclusions proposées,
- Comme dans tout algorithme, des biais et erreurs peuvent survenir, qui ne pourront être levés, notamment, que lorsque des panels suffisants de populations seront analysés,
- La performance de l’IA est directement liée à l’infrastructure informatique utilisée.
Selon une étude parue le 9 février 2026 dans la revue anglaiseNature Medicine, les patients tentés d’utiliser l’IA sans recourir à l’expertise d’un médecin peuvent se heurter à plusieurs écueils5 :
- Une précision insuffisante dans la description de leurs symptômes,
- L’absence de données indispensables au diagnostic.
Ces éléments manquants, facilement recueillis au cours d’une consultation médicale grâce à l’interaction humaine, faussent l’interprétation.
Malgré ces limites, l’IA est un outil de choix pour faciliter l’exercice médical, à condition de l’utiliser de manière éclairée.

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Ce que l’IA peut réellement apporter aux médecins
1. Un gain de temps sur les tâches chronophages
Les systèmes IA actuels présentent des performances fiables pour :
- L’aide à la rédaction de comptes rendus, la compilation ou recherche d’information dans les dossiers médicaux,
- Analyser des résultats d’imagerie afin de déterminer les priorités et les urgences6,
- La gestion des rendez-vous.
2. Une aide à la décision, pas une décision automatique
Toutes les informations analysées par l’IA représentent un gain de temps dans votre exercice professionnel, mais vous restez décisionnaire sur les modalités de prise en charge d’un patient, la conduite à tenir, le traitement à instaurer ou à modifier. C’est au cours d’un échange avec le patient que vous pouvez proposer et expliquer un soin individualisé de qualité, gage d’une bonne alliance thérapeutique.
3. Une amélioration potentielle de la qualité des soins
En moyenne, un médecin généraliste consacre 10% de son temps de travail aux tâches administratives7. Le recours à l’IA permet d’en alléger une grande partie, ce qui diminue la charge mentale et la fatigue.
Selon un sondage Ifop8 :
- 92% des médecins généralistes considèrent les tâches administratives comme source de stress,
- 82% y voient un motif d’insatisfaction.
L’IA permet :
- Une automatisation du travail administratif,
- L’accès à une littérature scientifique actualisée,
- Une synthèse pertinente de banques de données.
Vous vous réappropriez ainsi du temps avec les patients, mais aussi du temps personnel, diminuant les erreurs liées à la fatigue.
Comment pouvez-vous vous préparer sereinement à l’IA ?
Un usage maîtrisé de l’IA constitue donc un atout précieux pour un exercice de la médecine fluide, avec moins de contraintes. Pour cela, vous pouvez :
- Vous former pour comprendre ce qu’est l’IA et sa valeur ajoutée dans votre pratique (voir notre fiche par exemple),
- Développer vos connaissances dans les systèmes dédiés, en particulier ceux qui sont spécifiques à votre spécialité,
- Intégrer l’IA au quotidien en tant qu’outil répondant à vos besoins particuliers,
- Rester proactifs en vous tenant informés et en participant à des projets en lien avec l’IA.
Conclusion
L’IA vous permet de vous réapproprier du temps médical et constitue un outil de fluidification du parcours de soins. Réinvesti auprès des patients ou pour une pratique plus détendue, il favorise une prise en charge de qualité grâce à des valeurs bien humaines telles que l’empathie ou le sens de l’écoute.
Medaviz vous accompagne pour un usage maîtrisé de l’IA au quotidien.
- https://www.inserm.fr/dossier/intelligence-artificielle-et-sante
- https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2013/revue-medicale-suisse-386/adhesion-therapeutique-du-patient-chronique-des-concepts-a-la-prise-en-charge-ambulatoire
- https://www.cma.ca/fr/carrefour-bien-etre-medecins/contenu/empathie-medecine
- Intelligence Artificielle et Cardiologie : applications, limites et avenir | Rythmo ICPS
- ChatGPT, très mauvais pour poser un diagnostic médical : « les IA ne sont pas prêtes à remplacer un médecin » | Egora
- L’IA en imagerie médicale – Pilote automatique ou copilote éclairé ? – Réseau Pro Santé
- Deux tiers des médecins généralistes libéraux déclarent travailler au moins 50 heures par semaine
- Qualité de vie au travail des médecins généralistes libéraux d’Île-de-France 85% 85% 6,1 10 47% 18% 31% 82% 60% 85% 63%
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Sandrine Gachiniard exerce en tant que Cadre de santé en Nouvelle-Aquitaine. Avec une expérience de près de 30 ans dans le secteur de la santé, Sandrine met sa plume au service de Medaviz depuis 2025 pour développer des sujets tels que la prévention, l’accès au soin ou encore l’innovation en santé.