Bonne pratique numéro 2 : Laisser le temps aux professionnels de santé de recourir à la télémédecine en programmé

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La crise sanitaire a permis de montrer la faisabilité et la viabilité de la télémédecine à une large échelle, au moins du point de vue technique et fonctionnel. Il faut cependant différencier la pratique de la « téléconsultation de crise » et la télémédecine destinée à entrer dans les normes. En Île-de-France, elle pourrait éviter 500 000 déplacements par jour, en partant du postulat qu’un acte sur 4 est réalisé à distance. (source : https://www.usine-digitale.fr/article/en-ile-de-france-la-telemedecine-pourrait-eviter-jusqu-a-500-000-deplacements-quotidiens.N965921)

 

Nul ne peut prédire les usages à venir, néanmoins de nombreux vecteurs tendent à pérenniser cette pratique :

    • Les professionnels maîtrisent la transformation de leur procédure, qui s’effectue sur un temps long dans leur intérêt et celui du patient.
    • Pour les territoires dans lesquels la distance est synonyme de temps important (territoires montagneux, insulaires, ruraux), la télémédecine demeure un moyen d’économiser du temps et de l’énergie pour le patient, notamment avec le télésuivi. Des professionnels de la gériatrie adaptent leurs protocoles en intégrant le télésuivi ou la primo-téléconsultation pour les patients habitant le plus loin.
    • En outre, dans une logique de graduation fine des soins, il est probable que les spécialistes demeurant loin du domicile du patient fassent de la téléconsultation ou du télésuivi un impératif, en étant suppléé par le professionnel de l’hôpital de proximité.
    • Les vacances peuvent constituer un autre apport de la télémédecine, en permettant de maintenir le lien avec le médecin traitant ou le spécialiste.
    • La généralisation de la téléconsultation en EHPAD doit également constituer une part non-négligeable du soin programmé à terme, pour les médecins généralistes et spécialistes.

Les professionnels de santé convaincus par la pratique de la télémédecine programmée appréhendent plus sereinement la télémédecine en soins non programmés. Cette appropriation est un puissant vecteur de réussite pour les organisations territoriales et elle est facilitée par le recours aux outils centrés sur le médecin. Ils laissent en effet le praticien déterminer les patients qu’il estime pouvoir prendre en charge en téléconsultation, en fonction des cas et des situations. Les outils permettant aux patients de réserver une téléconsultation de manière unilatérale sont peu adaptés à cette phase d’initiation indispensable pour le professionnel de santé.

 

« Comme tout ce qui est novateur, l’acculturation prend du temps et certains praticiens veulent attendre les retours de leurs confrères avant d’adhérer à un nouvel outil. Ils doivent être convaincus de son utilité avant de s’en servir au sein d’une organisation naissante. »

L’équipe de la CPTS Loire – Val d’Yonne – Morvan 

 

 

Pour en savoir plus : Co-écrit avec notre partenaire Easis, le livre blanc 2020 détaille 12 bonnes pratiques des Communautés Professionnelles Territoriales de Santé, illustrées par les témoignages des acteurs précurseurs de ces dispositifs.