6 questions à Mathieu Dulac, Directeur du développement, Medaviz

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Directeur du développement pour Medaviz, Mathieu Dulac, intervenait il y a quelques jours lors du Forum-Derm@to.connecté pour partager notre expertise de la coordination des soins sur les territoires et notamment nos outils dédiés aux Équipes de Soins Spécialisés (ESS), aux Dermatologues. 

La téléconsultation présentée par Medaviz lors de l’édition 2019 est aujourd’hui une pratique courante pour les médecins, quelle est votre évolution depuis 2 ans ?

Mathieu Dulac : Nous poursuivons notre développement dans l’organisation et la coordination des soins de second recours. Certains d’entre vous se sont organisés pour lancer des projets exploratoires d’Équipes de Soins Spécialisés et nous accompagnons plusieurs programmes dans des spécialités très diverses : de la cardiologie en Nouvelle Aquitaine, de la chirurgie vasculaire en Hauts-de-France, de la néphrologie en Ile-de-France. Tous les porteurs de projets souhaitent structurer une offre pour les adresseurs, qui sont les demandeurs d’avis en expertise. 

Quels sont les enjeux de ces projets d’Équipes de Soins Spécialisés ? 

Mathieu Dulac : Les enjeux de ces projets sont d’obtenir l’adhésion des confrères pour structurer et proposer une offre, puis d’obtenir l’adhésion des adresseurs que sont les médecins généralistes et enfin que cette organisation rencontre un succès d’usage. Sur ces trois enjeux ou ces trois piliers, les mots clés à retenir sont que l’organisation ne soit pas sclérosante, donc qu’elle ne contraigne pas les confrères et consœurs à déprogrammer leur journée pour participer à l’ESS. Le deuxième pilier est la simplicité d’utilisation souhaitée par les adresseurs comme les spécialistes. Et le troisième enjeu concerne naturellement la fluidité de l’expérience proposée aux utilisateurs, qui est déterminante, surtout lorsque nous connaissons les contraintes liées à l’asynchrone alors que le partage d’informations par écrit est souvent peu contextualisé. 

Quels outils avez-vous déployés pour accompagner ces porteurs de projet ? 

Mathieu Dulac : Nous mettons bien évidemment à leur disposition tous les outils de télémédecine, comme la téléconsultation ou la téléexpertise. Pour faciliter les interactions entre les médecins nous allons surtout mettre en avant le téléphone, que chacun utilise au quotidien, en mobilité, de façon très fluide. Nous allons ainsi mettre dans les mains de vos adresseurs ou plutôt dans leur poche sur leur smartphone, une application qui va leur permettre d’avoir un accès privilégié aux spécialistes partenaires, en fonction de leur joignabilité. Une première conversation par le simple outil téléphonique va permettre de contextualiser l’échange et de pouvoir tout de suite décider de l’acte à mobiliser. Il faudra peut-être une téléconsultation à trois, un système très fluide qui permet en outre de pouvoir facturer un acte médical et des majorations non négligeables pour le médecin traitant. Il est également possible de basculer sur une téléexpertise asynchrone si elle correspond mieux à la situation. La troisième solution, c’est l’adressage, c’est-à-dire orienter le patient vers le spécialiste. 

Quels sont vos premiers retours d’expérience ? 

Mathieu Dulac : Nos premiers retours d’expérience montrent une répartition 50/50 entre la téléconsultation à trois et l’adressage physique. C’est le principal enseignement de ces déploiements. 

Nous constatons qu’en laissant le choix aux praticiens dans la direction du parcours de soins du patient, la téléexpertise n’est quasiment pas utilisée. Beaucoup lui préfèrent, soit la fluidité et l’immédiateté de la téléconsultation, soit l’examen clinique réalisé en présentiel. 

La part de téléexpertise est donc marginale ? 

Mathieu Dulac : Elle est effectivement marginale. On reproche souvent à la téléexpertise sa rémunération entre 12 et 20 €. C’est peut-être un faux procès, puisque objectivement, si les avis que vous donnez ou que vous pouvez donner aujourd’hui via Twitter et WhatsApp étaient rémunérés 12 à 20 € je pense que cela satisferait tout le monde. C’est plus la complexité de mobilisation de l’outil pour le requérant et pour le requis qui rendent la facturation parfois difficile à accepter. 

Finalement mobiliser une téléconsultation, au-delà de la qualité de l’acte qui va pouvoir être réalisé puisqu’il permet d’obtenir un maximum d’informations et de contextualisation, c’est aussi un moyen de facturer des honoraires bien plus en adéquation avec l’acte. 

Que pouvez-vous dire aux dermatologues qui évoquent souvent un agenda bien rempli ? 

Mathieu Dulac : Nous allons vraiment utiliser cette notion de temps interstitiel, surtout pas déprogrammer où aller scléroser les agendas. On va travailler sur le temps interstitiel et c’est quasiment finalement le même temps que vous pourriez consacrer aux réseaux sociaux par exemple. Ce temps agrégé par 20, 30 ou 50 praticiens est assez important et notre expérience en cardiologie, en néphrologie ou en chirurgie vasculaire le montre, il se répartit finalement plutôt bien et il est facile à mobiliser pour les généralistes. C’est un système de fonctionnement qui rejoint le SAS (Service d’Accès aux Soins) en cours de déploiement à l’échelle nationale. 

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