Professionnel de santé ?

Notre manifeste pour une téléconsultation responsable

Dernière actualisation le 8 avril 2026

La téléconsultation s’est imposée comme une réponse utile à la crise de notre système de santé. Mais aujourd’hui, une question essentielle se pose : résolvons-nous un problème… ou en créons-nous un nouveau ?

En France, les indemnités journalières liées aux arrêts maladie ont atteint plus de 10 milliards d’euros par an, en hausse continue. Dans le même temps, des contrôles menés par l’Assurance maladie montrent que près de 30 % des arrêts analysés sont jugés non justifiés, et près de 500 médecins sont ciblés pour des pratiques de prescription atypiques.

Les chiffres, sans appel, ne peuvent et ne doivent être ignorés. Ils révèlent un système sous tension, fragilisé, où certaines dérives ne sont plus marginales. 

En parallèle, la téléconsultation connaît une croissance rapide : près de 69 millions d’actes réalisés entre 2020 et 2024, pour 1,7 milliard d’euros remboursés.

La santé ne peut pas être un produit d’appel. Il est temps de le rappeler. 

Ce qui devait être un outil au service de l’accès aux soins devient, pour certains acteurs, un levier de croissance. Un business très lucratif.

Des enquêtes journalistiques récentes, comme le reportage sur Capital, ont documenté ces pratiques où l’acte médical devient un “produit” : 

  • Consultations expédiées, 
  • Arrêts de travail et prescriptions à la demande, 
  • Modèles économiques fondés sur le volume, 
  • Et la “fidélisation” du patient… 

Cette logique n’est pas sans conséquences. Elle fragilise la qualité des soins, elle met sous pression les professionnels de santé et elle alimente une dérive plus profonde : celle d’un système de santé où la solidarité nationale soutient, parfois, des pratiques discutables.


Nous appelons à une prise de conscience face aux dérives de la téléconsultation consumériste, dont le coût pour la collectivité devient préoccupant.

1. Pour une téléconsultation éthique

Chez Medaviz, nous faisons un choix clair : celui de la responsabilité.

Dans un environnement où les pratiques sont de plus en plus scrutées, et où la fraude à l’Assurance maladie a atteint 628 millions d’euros détectés en 2024, nous avons décidé d’appliquer une règle simple.  

Le chiffre clé dont nous sommes les plus fiers : zéro.

  • Zéro arrêt de travail délivré.
  • Zéro certificat médical de convenance.
  • Zéro facturation en dehors des règles fixées par l’Assurance maladie.

Et ce, depuis 12 ans.

Ce choix est exigeant. Il est à contre-courant. Mais il est, à nos yeux, le seul compatible avec l’éthique du soin.

Notre service de téléconsultation n’est pas un “drive à prescriptions”

Nous assumons une pratique rigoureuse : moins d’ordonnances qu’en cabinet, et une décision médicale qui reste à la main du médecin, et non sous la pression des attentes du patient. Parce que la responsabilité n’est pas une option : c’est un prérequis pour une médecine éthique et de qualité.

2. Pour une téléconsultation “slow” 

Nous faisons un autre choix clair : celui de préserver la santé mentale des soignants.

Dans certains modèles, la performance d’un service, et donc d’un médecin, se mesure au nombre de consultations réalisées. Le temps médical devient une variable d’ajustement. 

Les soignants enchaînent, les patients défilent… au détriment de l’éthique, de la qualité du soin et de la santé des praticiens.

Les patients ne doivent pas devenir des clients à satisfaire.

Chez Medaviz, nous faisons le choix inverse :

  • Pas de pression de volume,
  • Pas d’objectifs sur le nombre d’appels ou patients à voir,
  • Pas de file d’attente de patients “à écouler”.

Au contraire, nous défendons la slow téléconsultation, où les médecins sont encouragés à prendre le temps de prendre le temps, où le temps d’écoute a de la valeur.
Où les patients ne sont pas des clients à satisfaire, voire fidéliser.
Où les médecins ne sont pas des opérateurs et des prescripteurs d’ordonnances et arrêts de travail.

Préserver la santé mentale des soignants n’est pas un luxe. C’est une nécessité.

Car un système sous tension, où l’on demande toujours plus, toujours plus vite, finit inévitablement par dégrader la qualité des soins. 

3. Pour un accès aux soins facilité pour tous, vraiment tous

Nous refusons l’émergence d’une santé à deux vitesses, une santé élitiste, pensée pour les plus connectés, au détriment des autres. Parce que l’innovation n’a de sens que si elle est accessible au plus grand nombre…

C’est pourquoi nous développons des solutions simples, accessibles et inclusives :

  • Notre service de téléconsultation est le seul à être aussi accessible par téléphone pour les publics éloignés du numérique,
  • Nous mettons en relation notre équipe médicale et des patients éloignés du soin, pour les établissements médico-sociaux (EHPAD, FAM, MAS, CPTS, centre de détention…), via la téléconsultation assistée
  • Nous proposons des dispositifs pensés pour les territoires sous-dotés, avec possibilité d’objets connectés, 

Parce qu’accéder à un médecin ne devrait jamais dépendre de son âge, de son lieu de vie ou de sa maîtrise du digital.

Obtenir une réponse médicale doit rester simple, accessible pour tous, sans exception.

Le choix est collectif. Et urgent.

Le débat qui s’ouvre dépasse largement la téléconsultation. 

Il pose une question fondamentale : quelle place voulons-nous accorder aux logiques économiques dans notre système de santé ?

Souhaitons-nous une médecine pilotée par la croissance, où chaque acte devient une unité de production ?

Chez Medaviz, notre choix est fait. Car oui : une télémédecine respectueuse et éthique est possible. Et peut être rentable. Nous la pratiquons depuis maintenant 11 ans. 

Retrouvez également la tribune de Stéphanie Hervier dans L’essentiel de l’éco : https://lessentieldeleco.fr/6620-de-limportance-dun-usage-responsable-de-la-telemedecine/

Sources :