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[Webinaire] Téléconsultation : la France est-elle en retard… ou protège-t-elle une certaine vision du soin ?

La France serait-elle le mauvais élève européen de la téléconsultation ? Les chiffres semblent parfois le suggérer, pourtant la réalité est beaucoup plus nuancée.

C’est précisément la question que nous avons souhaité explorer lors de notre webinaire du 5 mai 2026, en réunissant des regards complémentaires : celui des pouvoirs publics, celui de l’hôpital et celui des usages de terrain. 

Une conversation riche, loin des idées reçues, qui éclaire les véritables enjeux de la télémédecine en France.

Nos intervenants 

Lors de notre Medaviz Live, nous avons invités deux experts :

Ce webinaire était animé par Denise Silber, fondatrice de Basil Strategies et pionnière dans le domaine de la e-santé.

Nous avons abordé notamment les questions suivantes :

Sortir du « French bashing »

« La France est en retard ». Cette affirmation revient régulièrement lorsqu’il est question de téléconsultation. Pourtant, notre pays fait partie des pionniers de la télémédecine. Dès les années 2000, de nombreuses initiatives ont vu le jour dans les territoires ruraux et ultramarins, et la loi HPST de 2009 a posé un cadre structurant toujours d’actualité.

Alors, faut-il réellement mesurer la réussite de la télémédecine au nombre de téléconsultations réalisées ?

La comparaison internationale mérite beaucoup de prudence. Derrière les statistiques se cachent des modèles de santé, des modes de financement et des pratiques très différents.

Au Danemark ou au Royaume-Uni, une grande partie des actes qualifiés de téléconsultations se déroulent par téléphone ou par SMS. En France, la visioconférence reste largement dominante, avec une volonté forte de maintenir une prise en charge organisée et territorialisée.

Autrement dit, la question n’est peut-être pas : « Pourquoi faisons-nous moins de téléconsultations ? », mais plutôt : « Quelle vision du soin souhaitons-nous préserver ? »

Il n’existe pas une téléconsultation, mais des téléconsultations

Autre enseignement du webinaire : parler de « la » téléconsultation au singulier est réducteur.

Les usages sont extrêmement variés.

Certaines spécialités, comme l’anesthésie ou la pédiatrie, ont largement intégré ces pratiques. Les consultations préopératoires, les suivis post-opératoires ou encore les parcours de PMA constituent des cas d’usage particulièrement pertinents.

L’avenir réside avant tout dans l’intégration de ces actes dans des parcours de soins structurés, car la technologie ne suffit pas.

Disponibilité des équipes, coordination entre les professionnels, accompagnement des patients : autant de facteurs qui conditionnent le succès d’un projet de télémédecine.

Quand la téléconsultation améliore réellement les parcours

Dans ce replay, découvrez des exemples concrets particulièrement inspirants.

Parmi eux, l’expérience menée avec un établissement privé du nord de la France mérite une attention particulière. Face à certains patients arrivant aux urgences, les équipes ont fait évoluer leurs protocoles. Plutôt que d’hospitaliser systématiquement par précaution, certains patients sont autorisés à rentrer chez eux avec l’organisation d’une téléconsultation de suivi dès le lendemain.

Les bénéfices sont considérables :

Une illustration concrète de ce que peut apporter la télémédecine lorsqu’elle s’inscrit dans un parcours clairement défini.

Aller vers les patients les plus fragiles

Le webinaire a également mis en lumière un sujet essentiel : la téléconsultation assistée.

Dans les EHPAD, les établissements médico-sociaux ou les territoires confrontés à la désertification médicale, la téléconsultation assistée se présente comme une solution parfaitement adaptée. 

Une infirmière ou un professionnel de santé peuvent jouer un rôle déterminant pour permettre à des personnes âgées ou fragiles d’accéder à une prise en charge spécialisée.

Cette logique du « aller vers » figure d’ailleurs parmi les priorités de la feuille de route sur la télémédecine actuellement en préparation au ministère de la Santé.

Intelligence artificielle : une nouvelle révolution en marche ?

Autre sujet passionnant abordé pendant le webinaire : l’arrivée de l’intelligence artificielle dans les pratiques de télésanté.

Les éditeurs de solutions et les établissements hospitaliers explorent déjà les possibilités offertes par ce que l’on appelle l’« ambient listening » : une IA capable d’écouter les échanges pendant une consultation et de produire automatiquement un compte rendu.

L’objectif est clair : faire gagner du temps aux professionnels de santé.

Mais tous les intervenants s’accordent sur un point : ces innovations devront démontrer leur réelle valeur ajoutée et respecter les exigences de sécurité propres aux données de santé.

Une vision française du soin à préserver

La téléconsultation constitue un formidable levier d’accès aux soins. Mais elle ne peut être pensée comme une simple consommation médicale à distance.

Son efficacité repose sur des parcours organisés, une articulation avec les professionnels de terrain et une continuité avec le médecin traitant.

Comme l’a résumé Stéphanie Hervier en clôture du webinaire :

« Il y a des téléconsultations de dépannage, des téléconsultations intégrées au parcours de soins et des téléconsultations assistées. Chacune a sa place et son utilité. »

Autrement dit, la question n’est peut-être pas de savoir si la France est en retard.

La véritable question est de savoir comment faire de la télémédecine un outil au service d’une vision exigeante, solidaire et durable de notre système de santé.

Retrouvez dès maintenant le replay du webinaire

Envie d’aller plus loin ?

Références citées par nos intervenants lors de ce live :

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