La téléconsultation est-elle possible dans tous les cas ?

La télémédecine, maintenant accessible à tous, permet non seulement d’établir un diagnostic, mais aussi de demander un avis spécialisé ou de faciliter un suivi. Les bénéfices attendus de cette nouvelle pratique sont nombreux : amélioration de l’accès aux soins, de la qualité de vie des patients, de la coordination entre les professionnels, ou encore diminution du coût des transports ou du recours inutile aux urgences.

Cependant les situations cliniques pouvant bénéficier de la téléconsultation ne sont pas toujours claires pour les professionnels. L’absence d’examen physique peut limiter son application, privant ainsi de nombreux patients inutilement. Medaviz vous aide à identifier les situations pour lesquelles la téléconsultation n’est pas possible.

Aucun critère d’exclusion dans la littérature

 

La télémédecine est une pratique développée depuis de nombreuses années dans certains pays aux territoires étendus comme l’Australie, le Canada ou les États-Unis. Certaines recommandations ont donc été publiées entre 2011 et 2016.

Dans son travail sur l’évaluation de la pertinence des soins et l’amélioration des pratiques de téléconsultation, la HAS a ainsi analysé toutes les recommandations disponibles sur les critères de sécurité et de qualité à respecter lors d’un acte de télémédecine.1

Dans la plupart des recommandations internationales pratiquant la télémédecine depuis longtemps, aucun critère d’exclusion n’était retenu, démontrant ainsi que la télémédecine est accessible à n’importe quelle situation.

 

Les seuls critères d’exclusion sont ceux de l’American télémédecine association

 

Seule l’American télémédecine association propose2 certaines situations cliniques pour lesquelles la prise en charge par télémédecine devrait être exclue :

  • Nécessité de voir le patient en face-à-face, à cause de la sévérité des symptômes, pour évaluer son état ;
  • Nécessité de palpation ;
  • Essai clinique en cours ;
  • Nécessité d’un geste technique ;
  • Patients avec désordres cognitifs ;
  • Patients avec intoxication ;
  • Barrières liées au langage ;
  • Situation d’urgence relevant d’une prise en charge dans le service d’urgences ou d’un appel au 15 ;
  • Patients n’ayant pas l’équipement adapté à la télémédecine.

 

Certaines de ces limites sont les mêmes qu’une consultation en cabinet. Lors d’un acte de téléconsultation, vous pouvez aussi avoir besoin d’orienter votre patient vers des examens complémentaires, un spécialiste, ou même un service d’urgence si nécessaire. Contrairement à ce que l’on croit, la téléconsultation n’enlève pas le contact humain.

 

Aucune situation n’est à exclure a priori d’après la HAS

 

Puisque l’analyse de la littérature ne permet pas d’identifier des situations cliniques qui devraient être exclues d’une prise en charge par télémédecine, la HAS insiste sur les critères d’éligibilité à vérifier en amont de la réalisation de l’acte.

Le bon sens est donc ici à privilégier pour assurer la sécurité et la qualité des actes de téléconsultation avec vos patients. En appliquant les recommandations sur le bon usage des pratiques médicales, et en vérifiant en amont l’éligibilité de votre patient à la télémédecine, l’absence d’examen clinique ne doit pas être une limite pour proposer ce service à vos patients.

Retrouvez les cas d’usage selon les spécialités.

 

  1. Rapport d’élaboration de la fiche mémo Haute Autorité de santé, avril 2018 : « Qualité et sécurité des actes de téléconsultation et de télé expertise », disponible sur : https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2018-04/rapport_delaboration_de_la_fiche_memo_teleconsultation_teleexpertise_avril_2018_2018-04-20_11-04-50_363.pdf

 

  1. American Telemedecine Association. Practice guideline for live, on demand primary and urgent care. Arlington: ATA; 2014. Disponible sur : https://www.researchgate.net/publication/272076989_ATA_Practice_Guidelines_for_Live_On_Demand_Primary_and_Urgent_Care

 

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